L’oreille-de-Judas (Auricularia auricula-judae) est un champignon facilement reconnaissable à sa forme qui rappelle celle d’une oreille humaine. Également appelé champignon noir, il se distingue par sa texture gélatineuse et élastique et pousse principalement sur le bois de feuillus, souvent celui du sureau noir.
Comestible, l’oreille-de-Judas peut être trouvée tout au long de l’année. Très appréciée pour sa texture particulière plutôt que pour son goût, elle est notamment utilisée dans la cuisine asiatique, fraîche ou séchée.
Où et quand trouver l’oreille-de-Judas ?
L’oreille-de-Judas est un champignon saprotrophe : elle décompose la matière organique pour s’en nourrir. Elle pousse principalement sur les feuillus, avec une nette préférence pour le sureau noir, mais peut également se rencontrer sur d’autres arbres.
On peut l’observer toute l’année. Elle pousse généralement en petites troupes, avec des individus distincts les uns des autres, plutôt qu’en formant une masse de chapeaux soudés entre eux.
L’espèce est présente dans différentes régions du monde, notamment en Europe, mais sa fréquence peut varier localement. Elle peut notamment être rare dans certaines régions.
Comment reconnaître l’oreille-de-Judas ?
La forme et la texture particulière de l’oreille-de-Judas sont ses principaux critères d’identification. Ses sporophores mesurent généralement quelques centimètres, mais peuvent atteindre 15 cm de diamètre.
Ils sont plus ou moins en forme de coupe ou d’oreille, parfois bien ouvertes et parfois plus aplaties. Les bords sont lobés, ce qui renforce cette ressemblance avec une oreille humaine.
La surface supérieure est brun rougeâtre, et plus ou moins ridée. La face inférieure est généralement un peu plus pâle et également ridée. L’ensemble du champignon est directement fixé au bois : il ne possède pas de véritable pied.
Une texture très caractéristique
La texture est un autre critère important pour reconnaître l’oreille-de-Judas. Sa chair est gélatineuse, élastique, translucide et légèrement brillante. Elle possède une consistance qui rappelle celle du cartilage.
À l’état frais, la chair est plus claire que la surface du champignon et est légèrement translucide. Son odeur est discrète, légère de champignon et pouvant être légèrement acidulée. Sa saveur est douce.
Cette texture particulière est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’oreille-de-Judas est appréciée en cuisine.
L’oreille-de-Judas est-elle comestible ?
Oui, l’oreille-de-Judas est un champignon comestible. Elle peut être consommée fraîche ou séchée et réhydratée avant utilisation.
Elle n’a pas beaucoup de goût mais peut quand même rappeler le champignons de Paris. C’est surtout sa consistance cartilagineuse, gélatineuse et élastique qui la rend intéressante en cuisine.
Elle est notamment connue sous le nom de « champignon noir » dans la cuisine asiatique. Les champignons noirs commercialisés dans les restaurants asiatiques peuvent appartenir à cette espèce ou à des espèces très proches du genre Auricularia.
Peut-on manger l’oreille-de-Judas crue ?
L’oreille-de-Judas est traditionnellement consommée crue en petite quantité lorsqu’elle est très jeune et bien fraîche. Cependant, sa consommation doit rester modérée.
Une consommation excessive peut provoquer des troubles liés à la coagulation sanguine, l’oreille-de-Judas pouvant avoir un effet fluidifiant sur le sang. Certaines personnes peuvent également présenter une réaction allergique.
Si vous en consommez pour la première fois, commencez donc par une petite quantité.
Comme pour tout champignon sauvage, il est indispensable d’être certain à 100 % de son identification avant de le consommer.
Comment cuisiner l’oreille-de-Judas ?
L’oreille-de-Judas peut être consommée fraîche ou séchée. Elle se prête particulièrement bien au séchage et se conserve alors très bien.
Une fois séchée, elle peut être réhydratée avant d’être cuisinée. Elle peut ensuite être incorporée à différents plats, par exemple avec des légumes, ou simplement poêlée.
Lorsqu’elle est cuisinée fraîche directement à la poêle, soyez toutefois vigilant : elle peut éclater pendant la cuisson en raison de sa forte teneur en eau. Il est donc préférable de couvrir la poêle pour éviter les projections.
Dans la cuisine asiatique, l’oreille-de-Judas est notamment utilisée dans des plats de légumes ou des préparations en sauce. Elle apporte avant tout une texture particulière plutôt qu’un goût très prononcé.
Les confusions possibles avec l’oreille-de-Judas
L’oreille-de-Judas est relativement facile à reconnaître lorsque l’on connaît ses principaux critères : sa forme d’oreille, sa couleur brun rougeâtre, son absence de pied, sa croissance sur le bois et surtout sa texture gélatineuse et élastique.
Il existe toutefois quelques champignons pouvant présenter un aspect similaire.
La trémelle en feuilles
La trémelle en feuilles (Phaeotremella frondosa) peut rappeler l’oreille-de-Judas par sa couleur et sa consistance gélatineuse.
La différence importante réside dans sa forme : la trémelle foliacée forme généralement plusieurs lobes ou chapeaux qui partent d’un même point, contrairement à l’oreille-de-Judas dont les sporophores ont une forme d’oreille et sont fixées individuellement au bois. C’est un champignon non comestible !
Les pézizes
Certaines pézizes peuvent également évoquer l’oreille-de-Judas par leur forme en coupe. Leur chair est toutefois cassante, contrairement à celle, élastique et gélatineuse, de l’oreille-de-Judas.
Certaines pézizes sont comestibles lorsqu’elles sont correctement identifiées et consommées cuites, mais d’autres sont toxiques.
L’exidie glanduleuse
L’exidie glanduleuse (Exidia glandulosa) peut également attirer l’attention en raison de sa couleur sombre et de sa consistance gélatineuse.
Elle est toutefois beaucoup plus sombre et présente un aspect différent de celui de l’oreille-de-Judas. Sa surface peut notamment être granuleuse et son aspect général est moins caractéristique d’une oreille. C’est un champignon non-comestible !
L’exidie obconique
L’exidie obconique (Exidia recisa) s’observe également sur du bois, notamment sur des saules. Elle forme des sporophores plus petits, ne dépassant généralement pas quelques centimètres, et a une forme moins typique que celle de l’oreille-de-Judas.
Ces différences de forme, de taille et de texture permettent de limiter les risques de confusion. C’est un champignon non comestible !
Un champignon facile à faire sécher
L’oreille-de-Judas présente une particularité intéressante : elle se sèche très facilement et se conserve bien sous cette forme.
Une fois réhydratée, elle retrouve une texture souple et peut être intégrée à différentes préparations culinaires. Cette capacité à être séchée et conservée explique notamment son utilisation traditionnelle dans de nombreuses préparations asiatiques.
Elle est appréciée moins pour son goût, relativement discret, que pour sa texture gélatineuse.
L’oreille-de-Judas, un champignon cultivé depuis longtemps
L’oreille-de-Judas (avec les espèces génétiquement très proches) a une longue histoire de culture. Elle ferait partie des champignons cultivés depuis le plus longtemps, sa culture étant attestée autour de l’an 700.
Elle est encore largement cultivée aujourd’hui, en Asie, où les champignons du genre Auricularia occupent une place importante dans la cuisine.
À retenir pour identifier l’oreille-de-Judas
Pour reconnaître l’oreille-de-Judas, retenez principalement :
- Forme : en oreille.
- Taille : généralement de quelques centimètres, pouvant atteindre environ 15 cm.
- Couleur : brun rougeâtre à brun foncé.
- Surface : plus ou moins ridée.
- Pied : absent, le champignon est directement fixé au bois.
- Texture : gélatineuse et plus ou moins cartilagineuse.
- Habitat : principalement sur le bois de sureau noir.
- Période : toute l’année.
- Odeur : discrète, légèrement acidulée.
- Saveur : douce et peu prononcée.
- Comestibilité : comestible, avec une consommation à modérer et des précautions particulières.
Attention : l’identification d’un champignon sauvage doit toujours être certaine à 100 % avant toute consommation.
Pour aller plus loin
Nous vous rappelons que la cueillette sauvage des champignons comporte des risques, que vous pouvez découvrir ici les règles et précautions pour la cueillette.
Il est indispensable d’être sûr à 100% de vos identifications avant de consommer un champignon, quel qu’il soit.
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Quelques références pour trouver plus d’infos
Courtecuisse, R., Duhem, B. & Vincenot, P. Champignons de France et d’Europe. Delachaux (2024).
Sitta, N., Davoli, P., Floriano, M. & Suriano, E. Guida ragionata alla commestibilità dei funghi. Regione Piemonte (2021).
Rapior, S. & Fons, F. Mise au point sur les nouveaux syndromes et les syndromes connus d’intoxications par les champignons. Ann. Société Hortic. Hist. Nat. Hérault. 151, 64‑74 (2011).
















