Les 10 espèces de champignons hallucinogènes interdites à la cueillette

Les 10 espèces de champignons hallucinogènes interdites à la cueillette

En France, les espèces de champignons contenant de la psilocybine sont considérées comme des stupéfiants. Leur cueillette, leur consommation et leur détention sont interdites (1). La teneur en psilocybine peut varier d’un champignon à l’autre et, pour certaines espèces, les effets secondaires ou les toxicités restent encore peu étudiés (2,3).

Bien entendu, nous ne recommandons donc pas la consommation de ces champignons interdits.

La psilocybine est une substance reconnue pour ses propriétés contre la dépression et qui est en bonne voie pour être utilisée dans le cadre d’un accompagnement médical en psychothérapie. Il reste néanmoins notamment à mieux connaître les doses et durées de traitement auxquelles prescrire la psilocybine en fonction de la population, ce qui permettra aussi de réduire les effets secondaires fréquents que sont les maux de tête, nausées, anxiétés et vertiges (4-7).

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Les Psilocybe

Le Psilocybe lancéolé (Psilocybe semilanceata) est l’une des espèces les plus connues et les plus communes. Il pousse dans les prairies humides et les pâturages qui n’ont pas été fertilisés chimiquement (ce qui n’est pas fréquent). Ce petit champignon possède un chapeau conique avec un petit mamelon, des lames d’abord brunes puis plus foncées et un pied fin et élastique. Il pousse généralement en troupe et non directement sur les excréments.

D’autres espèces du genre Psilocybe sont présentes en France. Sur les crottins de cheval, on peut notamment trouver Psilocybe liniformans, tandis que Psilocybe cyanescens et Psilocybe medullosa peuvent pousser sur la sciure et les copeaux de bois. Psilocybe cyanescens a généralement des teintes bleutées.

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Les Panaeolus

Certaines espèces du genre Panaeolus contiennent également de la psilocybine, comme Panaeolus cinctulus, qui peut pousser sur des sols riches en matière organique, dans le fumier ou le terreau, sans être forcément directement présent sur des excréments. Le panéole bleuissant (Panaeolus cyanescens) bleuit fortement et pousse plutôt sous serre, car il a besoin de beaucoup de chaleur.

Les Inocybe

Le genre Inocybe comprend lui aussi quelques espèces concernées.

  • L’inocybe à mamelon vert (Inocybe corydalina) possède un chapeau fibrilleux avec un mamelon vert-olive. Il est relativement plus épais que les autres espèces présentées et dégage une odeur particulière de poire très mûre, légèrement alcoolisée ou fermentée, avec une note rappelant le jasmin. Il pousse en symbiose avec les arbres, principalement dans les bois et les forêts.
  • L’Inocybe haemacta se reconnaît à son odeur rappelant l’urine et le crottin de cheval.
  • L’Inocybe aeruginascens, généralement beige et à l’odeur légèrement savonneuse, pousse également en forêt, en symbiose avec les arbres. En 1965, en Hongrie, cette espèce a été identifiée comme contenant de la psilocybine après avoir été confondue par des cueilleurs avec le marasme des oréades, un champignon comestible qui pousse dans les pelouses, souvent en ronds de sorcière.

Le Plutée du saule

Le plutée du saule (Pluteus salicinus) pousse sur du bois mort, notamment sur des feuillus. C’est un champignon saprotrophe : son mycélium se nourrit du bois mort d’un tronc ou d’une branche. Il reste généralement de petite taille, avec un pied dépassant rarement 10 cm. Son chapeau est gris à vert bleuâtre et ses lames, d’abord blanches, deviennent roses avec le temps en raison de sa sporée rose. Il peut éventuellement être confondu avec des plutées comestibles, comme le plutée couleur de cerf, qui est généralement plus grand et possède un chapeau brun et souvent bosselé.

Des espèces à ne pas cueillir

Ces différentes espèces contenant de la psilocybine sont considérées comme des stupéfiants et leur cueillette, leur consommation et leur détention sont interdites. Leur identification permet surtout de mieux connaître les champignons qui nous entourent et d’éviter les confusions. Il existe par ailleurs de nombreuses espèces comestibles, avec environ 500 espèces de champignons comestibles en Europe.

FAQ – Les champignons interdits à la cueillette

Pourquoi certains champignons sont-ils considérés comme des stupéfiants ?

Certaines espèces contiennent de la psilocybine, une substance qui les classe parmi les stupéfiants.

La quantité de psilocybine est-elle toujours la même ?

Non, sa teneur peut varier d’un champignon à l’autre. Pour certaines espèces, les effets secondaires et les éventuelles toxicités restent également peu étudiés.

Existe-t-il beaucoup de champignons comestibles en France ?

Il existe environ 500 espèces de champignons comestibles en France hexagonale et en Europe.

Pour aller plus loin

Nous vous rappelons que la cueillette sauvage des champignons comporte des risques. Vous pouvez découvrir ici les règles et précautions pour la cueillette. 

Il est indispensable d’être sûr à 100% de vos identifications avant de consommer un champignon, quel qu’il soit.

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Pour en savoir plus sur les champignons cités, vous pouvez consulter nos vidéos Youtube.

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Sources

  1. Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants. (1990).
  2. Courtecuisse, R. & Deveaux, M. Champignons hallucinogènes d’Europe et des Amériques : mise au point mycologique et toxicologique. Ann. Toxicol. Anal. 16, 36‑64 (2004).
  3. Sitta, N., Davoli, P., Floriano, M. & Suriano, E. Guida ragionata alla commestibilità dei funghi. Regione Piemonte (2021).
  4. Yerubandi, A. et al. Acute Adverse Effects of Therapeutic Doses of Psilocybin: A Systematic Review and Meta-Analysis. JAMA Netw. Open. 7, e245960 (2024).
  5. Haikazian, S. et al. Psilocybin-assisted therapy for depression: A systematic review and meta-analysis. Psychiatry Res. 329, 115531 (2023).
  6. Metaxa, A.-M. & Clarke, M. Efficacy of psilocybin for treating symptoms of depression: systematic review and meta-analysis. BMJ. 385, e078084 (2024).
  7. Perez, N. et al. Psilocybin-assisted therapy for depression: A systematic review and dose-response meta-analysis of human studies. Eur. Neuropsychopharmacol. J. Eur. Coll. Neuropsychopharmacol. 76, 61‑76 (2023).