Aussi appelé faux mousseron ou mousseron d’automne, le marasme des Oréades (Marasmius oreades) est un champignon assez commun en Europe et répandu dans le monde. Il pousse dans les sols riches en nutriments, principalement dans les pelouses et les prairies, du début de l’été jusqu’à la mi-automne, et parfois même au printemps (1-3).
Un champignon reconnaissable à ses ronds de sorcière
Le marasme des Oréades pousse généralement en ronds de sorcière. Ces cercles peuvent être repérés de loin : l’herbe y est souvent plus haute et plus verte en raison de la présence du mycélium.
Le sporophore mesure environ 5 à 10 cm de haut, avec un chapeau pouvant atteindre 8 cm de diamètre. D’abord convexe, celui-ci s’ouvre progressivement tout en conservant un petit mamelon central plus foncé. Ses bords sont légèrement sinueux, parfois striés, et sa couleur varie du jaune orangé au beige ou au brun pâle. Il est hygrophane, ce qui signifie que sa couleur change avec l’humidité, en s’éclaircissant au séchage.
Sous le chapeau, les lames sont échancrées, assez larges et espacées. Elles sont crème clair lorsqu’elles sont jeunes et deviennent plus foncées avec le temps. Le pied est fin, fibreux et nettement coriace, souvent plus foncé à la base, avec une couleur proche de celle du chapeau. La chair est claire et la sporée blanche.
Son odeur rappelle le foin séché, avec une légère note vanillée, tandis que son goût est doux, avec une petite saveur de noisette.
Quelques confusions possibles
Même s’il est assez reconnaissable grâce à son habitat en ronds de sorcière, plusieurs espèces peuvent lui ressembler.
La lépiote brun-rose (Lepiota bruneoincarnata) et la lépiote de Josserand (Lepiota subincarnata) présentent généralement un chapeau méchuleux, ainsi que des lames libres et blanches. Elles ne poussent pas en ronds de sorcière et n’ont pas le pied très coriace.
Le panéole des moissons (Panaeolina foenisecii) peut également prêter à confusion. Il pousse plutôt en troupe, ses lames deviennent rapidement noirâtres en raison de sa sporée foncée et son pied est plus fragile. Il est probablement toxique.
Le marasme des collines (Marasmius collinus) a un pied fragile et serait légèrement toxique.
Enfin, la collybie du chêne (Gymnopus dryophilus) est comestible, mais pousse dans les bois et les forêts, notamment à proximité des chênes. Son odeur est faible ou nulle (4).
Un champignon intéressant en cuisine
Le marasme des Oréades est apprécié pour son goût et sa richesse en certains minéraux dont le cuivre, le manganèse, le fer et le zinc, ainsi qu’en potassium et en phosphore dans une moindre mesure.
En cuisine, il peut être séché, notamment en le mettant en guirlande, mais aussi utilisé dans des plats en sauce bien mijotés ou simplement poêlé. Son pied, très sec et fibreux, explique en partie son nom (Marasmius), issu du grec signifiant « maigreur » ou « dessèchement » (5).
Son apparence plutôt fine et peu spectaculaire contraste donc avec ses qualités gustatives : malgré son allure discrète, c’est un champignon particulièrement gourmand.
Des ronds de sorcière qui s’agrandissent chaque année
Les ronds de sorcière peuvent s’agrandir d’environ 13 cm par an, tandis que le mycélium peut vivre très longtemps. Certaines colonies peuvent même atteindre un âge considérable, avec certains qui seraient estimé à 1 000 ans en Angleterre (6).
Le marasme des Oréades est ainsi un petit champignon facilement reconnaissable lorsqu’on a appris à le connaître, et dont les qualités culinaires méritent largement qu’on s’y intéresse.
FAQ – Le marasme des Oréades
Pourquoi le marasme des Oréades est-il appelé « faux mousseron » ?
Le marasme des Oréades est parfois appelé « faux mousseron » en référence au tricholome de la Saint-Georges qui est parfois appelé « vrai mousseron ».
Comment repérer un rond de sorcière ?
Il se remarque notamment par une herbe plus haute et plus verte qui forme un cercle au niveau de la zone où se développe le mycélium.
Pourquoi la couleur du chapeau peut-elle changer ?
Le marasme des oréades est hygrophane : son chapeau change de couleur en fonction de l’humidité et tend notamment vers le beige.
Comment le reconnaître parmi les espèces qui lui ressemblent ?
La combinaison de plusieurs critères permet de l’identifier, notamment son habitat souvent dans les pelouses, sa pousse en rond de sorcière, ses lames espacées et échancrées, son pied très coriace et sa sporée blanche.
Pour aller plus loin
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Sources
- GBIF. Marasmius oreades. Disponible sur : https://www.gbif.org/species/2537250.
- Courtecuisse, R., Duhem, B. & Vincenot, P. Champignons de France et d’Europe. Delachaux (2024).
- Romagnesi, H. Petit atlas des champignons. Bordas (1978).
- Sitta, N., Davoli, P., Floriano, M. & Suriano, E. Guida ragionata alla commestibilità dei funghi. Regione Piemonte (2021).
- Bresson, Y. Dictionnaire étymologique des noms scientifiques de champignons. Association mycologique d’Aix-en-Provence (1996).
- Rogers, R. The Fungal Pharmacy: The Complete Guide to Medicinal Mushrooms and Lichens of North America. North Atlantic Books (2011).












