Nous avons sélectionné 5 plantes sauvages à découvrir en décembre : l’églantier et le cynorhodon, le lierre grimpant, le chêne, le fragon petit houx et le cirse commun.
Abondantes, faciles à identifier et riches en usages, vous pourrez les trouver lors de vos cueillettes. Qu’elles soient aromatiques, médicinales ou simplement délicieuses, elles offrent une belle porte d’entrée dans le monde de la cueillette.
Parce que chaque cueillette est une aventure, munissez-vous de votre couteau de cueillette, de votre panier et partez à la découverte des plantes sauvages !
L’églantier (Rosa canina L.)
L’églantier produit des cynorhodons, appelés “faux fruits” parce que les véritables fruits (les petits akènes) se trouvent à l’intérieur et sont recouverts de poils irritants dits “poils à gratter”. Non toxiques, les cynorhodons sont comestibles mais varient en qualité gustative selon les espèces ; Rosa canina et les espèces proches sont les plus reconnues. Les fleurs d’églantier, récoltées vers juin, donnent un parfum subtil et servent à réaliser des sirops. Le cynorhodon se consomme crue en retirant les akènes et leurs poils, ou se transforme en confiture, sirop ou infusion; on peut aussi mixer le fruit entier, filtrer et cuire pour une confiture rapide. Les akènes contiennent des lipides intéressants et l’huile de Rosa canina est comparée à l’huile de rose musquée pour ses vertus cutanées.
Le lierre grimpant (Hedera helix L.)
Le lierre grimpant s’accroche aux supports sans être parasite et peut protéger l’arbre des intempéries tout en abritant insectes, oiseaux et petits mammifères. Les feuilles fraîches contiennent des saponines utilisables comme lessive naturelle, tandis que les feuilles sèches sont employées en usage médicinal traditionnel (infusions contre les toux productives, applications externes contre les gerçures, crevasses, piqûres et pour tonifier la circulation sanguine). Les feuilles fraîches peuvent provoquer des dermatites, il faut donc bien sécher la feuille pour un usage externe et tester localement avant application. Attention : les fruits du lierre sont toxiques et les feuilles le deviennent à forte dose.
Le chêne (Quercus spp.)
Le chêne se reconnaît à son écorce crevassée, ses branches tortueuses, ses feuilles lobées et ses glands. En hiver, on utilise principalement l’écorce (idéalement récupérée après des tempêtes sur des branches tombées), en enlevant les lichens ; les petits rameaux peuvent aussi être prélevés. Les glands, s’ils ont bien passé le froid, peuvent être consommés. Le chêne est utilisé traditionnellement en interne contre les diarrhées (avec prudence) et en externe pour apaiser les démangeaisons, favoriser la cicatrisation, traiter certains eczémas et pour tonifier la circulation sanguine ou encore en gargarisme contre les problèmes de gencives.
Le fragon petit houx (Ruscus aculeatus L.)
Le fragon petit houx, présente des cladodes (fausses feuilles) et de petites fleurs discrètes directement sur ces cladodes ; c’est un sous-arbrisseau persistant qui reste vert en hiver et atteint rarement plus d’un mètre à un mètre cinquante. Il produit des fruits rouges toxiques. Les parties souterraines sont utilisées traditionnellement en hiver pour des problèmes de circulation sanguine : le fragon serait vaso-constricteur et tonique circulatoire, employé en usage externe uniquement (notamment contre les jambes lourdes et localement contre les hémorroïdes). Lors des prélèvements, on ne prélève qu’une petite partie des organes souterrains sans déraciner la plante entièrement.
Le cirse commun (Cirsium vulgare (Savi) Ten.)
Le cirse commun est un des chardons les plus fréquents : il est velu, avec des poils blancs, des feuilles à lobes allongés et avec des poils piquants. Appartenant à la famille des astéracées, il peut atteindre facilement plus d’un mètre. En cette saison, on peut consommer ses jeunes feuilles (après cuisson et mixage pour éliminer les piquants, par exemple en velouté) et ses racines, grosses et douces, au goût rappelant l’artichaut ; elles se préparent poêlées, en soupe, rôties au four ou crues selon les recettes.
FAQ – Questions fréquentes sur les plantes sauvages de décembre
Quelles plantes sauvages peut-on cueillir en décembre ?
En décembre, plusieurs plantes restent accessibles : L’églantier (cynorhodons) pour ses faux-fruits, le lierre grimpant pour ses feuilles, le chêne pour son écorce et, parfois, ses glands encore consommables, le fragon petit houx pour ses parties souterraines, le cirse commun pour ses racines et ses jeunes feuilles cuites.
Les cynorhodons sont-ils comestibles en hiver ?
Oui, les cynorhodons de l’églantier (Rosa canina) sont comestibles en hiver. Il suffit de retirer les petits fruits secs internes, recouverts de “poils à gratter”, puis d’utiliser la pulpe pour des confitures, sirops ou infusions.
Comment reconnaître l’églantier en décembre ?
En hiver, l’églantier se repère grâce à ses cynorhodons rouges, et ses rameaux couverts d’aiguillons. Il n’y a pas de toxicité connue chez les rosiers.
Peut-on utiliser les feuilles de lierre grimpant ?
Oui, mais uniquement sèches pour les usages médicinaux traditionnels.
Les feuilles fraîches peuvent provoquer des irritations cutanées. Les feuilles sèches servent contre les toux productives (infusion), les applications externes (gerçures, piqûres, circulation).
Les fruits sont toxiques.
Le lierre grimpant est-il dangereux pour les arbres ?
Non. Le lierre n’est pas un parasite.
Il n’entre pas dans le tronc et peut même protéger l’arbre des intempéries et abriter une riche biodiversité (oiseaux, insectes…).
Pour aller plus loin
Nous vous rappelons que la cueillette sauvage comporte des risques, que vous pouvez découvrir ici. Il est indispensable d’être sûr à 100% de vos identifications avant de consommer une plante, quelle qu’elle soit.
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Sources
Bruneton, J. Pharmacognosie, phytochimie, plantes médicinales. Lavoisier (2016).
Verloove, F. & Van Rossum, F. Nouvelle Flore de la Belgique, du G.-D. de Luxembourg, du Nord de la France et des Régions voisines. Jardin botanique de Meise (2024).
Dann, G. Edible Plants : A forager’s guide to the plants and seaweeds of Britain, Ireland and temperate Europe. Anthropozoic Books (2022).
Goetz, P. & Hadji-Minaglou, F. Conseil en phytothérapie : Guide à l’usage du prescripteur. Lavoisier Tec & Doc (2019).
Sturtevant, A. H. & Hedrick, U. P. Sturtevant’s Edible Plants of the World. Dover publications inc. (1972).















