La famille des Astéracées est la plus vaste du monde végétal. Elle regroupe une grande diversité de plantes, aussi bien cultivées que sauvages.
Parmi les plantes connues, on retrouve :
- Des plantes potagères : tournesol, artichaut, salsifis, laitues
- Des plantes sauvages comestibles et médicinales : pissenlit, achillée millefeuille, bardane, pâquerette, chardons
Cette diversité en fait une famille essentielle en alimentation comme en phytothérapie.
Comment identifier les Astéracées ?
Les feuilles
Pour identifier la famille des Astéracées, on commence par observer les feuilles. Celles-ci sont disposées de manière alterne sur la tige, comme c’est le cas par exemple chez l’armoise. Elles peuvent contenir des substances aromatiques, comme chez cette même plante, ou bien produire un latex blanc, comme chez le pissenlit ou le laiteron.
Les feuilles sont généralement entières ou plus ou moins découpées. Par exemple, la bardane possède une feuille entière, tandis que l’armoise présente une feuille très découpée.
Les inflorescences : le capitule
Les inflorescences des Astéracées sont appelées des capitules. Un capitule est une inflorescence qui regroupe de nombreuses fleurs très resserrées les unes contre les autres. Ces fleurs sont généralement dépourvues de sépales.
En revanche, on observe la présence de bractées, c’est-à-dire de petites feuilles situées à la base de l’inflorescence. Ces bractées entourent le capitule au niveau du réceptacle et forment ce que l’on appelle un involucre.
On distingue trois types d’inflorescences. Certaines sont dites tubuliflores, c’est-à-dire composées uniquement de fleurs tubulées, dont les pétales sont soudés pour former un tube. D’autres sont liguliflores, avec uniquement des fleurs ligulées, plates, dont les pétales sont également soudés. Enfin, certaines inflorescences sont radiées : elles comportent à la fois des fleurs ligulées en périphérie et des fleurs tubulées au centre. Dans ce cas, les fleurs tubulées du centre sont généralement fertiles, tandis que les fleurs ligulées jouent un rôle d’attraction.
Les organes reproducteurs
Les fleurs des Astéracées sont hermaphrodites. Elles possèdent cinq étamines soudées par leurs anthères autour du style. Le style appartient au pistil et constitue une sorte de tige creuse dans laquelle passe le tube pollinique pour atteindre l’ovule situé dans l’ovaire. Le style est surmonté de deux stigmates.
L’ovaire est dit inférieur, car il se situe sous les enveloppes florales. Il est composé de deux carpelles soudés formant une seule loge contenant une graine. Le fruit obtenu est un akène, c’est-à-dire un petit fruit sec qui ne s’ouvre pas à maturité.
Très souvent, cet akène est surmonté d’un pappus, constitué de soies fines qui permettent au vent d’emporter les graines et de favoriser la dispersion de la plante.
Les exceptions
Il existe certaines exceptions dans cette famille. Par exemple, le pissenlit ou la pâquerette possèdent uniquement des feuilles basales, disposées en rosette. D’autres plantes peuvent avoir des feuilles opposées.
Certaines présentent également des inflorescences regroupées. Par exemple, l’achillée millefeuille forme des corymbes de capitules, tandis que l’armoise présente des grappes de capitules. Dans ces cas, les capitules peuvent être très petits et nécessiter une observation attentive pour être identifiés.
Les principes actifs
Concernant les principes actifs des Astéracées, la principale généralité est la présence fréquente de lactones sesquiterpéniques, également appelées principes amers. Ces composés ont des propriétés apéritives et toniques digestives, c’est-à-dire qu’ils stimulent les sécrétions digestives et facilitent la digestion.
On peut les retrouver dans plusieurs plantes, comme la bardane, le laiteron maraîcher, le pissenlit, la camomille matricaire ou encore l’achillée millefeuille. L’armoise commune peut également être utilisée pour ses propriétés de tonique amer.
Pour bénéficier de ces effets, ces plantes sont généralement consommées environ quinze minutes avant un repas.
D’autres molécules peuvent être présentes. Par exemple, la racine de bardane contient des dérivés acétyléniques aux propriétés antimicrobiennes et antifongiques, utilisés notamment pour les problèmes de peau comme l’acné ou les furoncles. L’achillée millefeuille possède également des propriétés anti-inflammatoires liées à la présence de flavonoïdes, tandis que le souci officinal est utilisé pour ses propriétés cicatrisantes.
Toxicités
Il existe un certain nombre de plantes toxiques dans la famille des Astéracées. Certaines contiennent des alcaloïdes pyrrolizidiniques, que l’on retrouve notamment chez les séneçons. Ces substances sont toxiques pour le foie à forte dose et peuvent être cancérigènes à faible dose répétée.
On les retrouve également chez d’autres plantes comme les pétasites, les adénostyles ou certaines patorres.
Par ailleurs, les lactones sesquiterpéniques peuvent provoquer des dermatites d’origine allergique, ainsi que des allergies croisées.
Il existe aussi une toxicité liée à certains terpènes présents dans les huiles essentielles, comme les thuyones. Ces composés se trouvent notamment dans la tanaisie ou l’absinthe. Les huiles essentielles de ces plantes sont neurotoxiques et convulsivantes et doivent être évitées.
Usages culinaires
Les Astéracées offrent de nombreux usages culinaires. Les jeunes feuilles de certaines plantes, notamment celles du pissenlit, peuvent être consommées en salade ou comme des légumes. Elles sont généralement meilleures lorsqu’elles sont jeunes, avant l’apparition des fleurs.
Certaines tiges peuvent également être consommées, comme celles de la bardane ou de certains chardons, lorsqu’elles sont encore souples. Elles peuvent être mangées crues ou cuites et présentent un goût rappelant celui de l’artichaut.
Les inflorescences en bouton peuvent aussi être utilisées. Elles peuvent être revenues à la poêle ou préparées dans du vinaigre, à la manière de câpres, puis utilisées dans des salades ou d’autres plats.
Il existe également de nombreuses racines comestibles dans cette famille, comme celles de la bardane, du salsifis, du pissenlit ou de la chicorée. Certaines peuvent être torréfiées pour produire un substitut de café.
Certaines plantes peuvent aussi être utilisées pour leurs propriétés aromatiques, comme la camomille, l’armoise ou la tanaisie, en petite quantité.
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