Les 10 plantes toxiques les plus dangereuses

Les 10 plantes toxiques les plus dangereuses

Les conséquences tragiques d’un risque de confusion entre les plantes comestibles et mortelles sont connues au travers du film Into the wild ou Christopher Mc Candless meurt au printemps 1992, suite à une erreur de détermination entre deux sainfoins. 

Au-delà de la fiction, ce film tiré de faits réels souligne les risques liés à la cueillette de plantes sauvages. Car si parmi les plantes, certaines nous offrent leur bienfaits et nous nourrissent, d’autres sont toxiques et dangereuses, au point de nous ôter la vie. 

Dans cet article, voici les 10 plantes les plus dangereuses de France à ne pas confondre, question de vie…ou, en circonstances aggravées, de mort ! 

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Le colchique d’automne (Colchicum autumnale)

Le colchique d’automne pousse un peu partout en France¹, en lisière et sous bois frais comme…l’ail des ours² ! Au printemps, et en l’absence des fleurs, les feuilles se ressemblent, gare alors de ne pas s’emmêler les pinceaux… Le colchique d’automne est le plus commun des espèces de colchiques, mais toutes sont hautement toxiques³-⁵. C’est la plante sauvage qui cause le plus d’intoxications graves en France, pour certaines mortelles⁶.

Le datura (Datura stramonium)

Le datura stramoine est une grande plante herbacée que l’on trouve dans les friches et les cultures un peu partout en France⁷,. Son odeur désagréable⁷ annonce la couleur : toxique et, si ingéré en grande quantité, mortel ! Mieux vaut ne pas jouer les apprentis sorciers pour ceux qui partiraient en quête d’expériences hallucinogènes, car les délires induits par l’ingestion de la plante, souvent les graines, peuvent mal tourner⁴. L’expérience se conclut  souvent par une hospitalisation et un lent retour au réel. Les intoxications sont nombreuses, parfois graves mais rarement mortelles⁶

La digitale (Digitalis purpurea)

La digitale aux jolies corolles pourpres pousse dans une grande partie de la France, en lisière et dans les coupes forestières⁸. Elle renferme des molécules dangereuses pour le cœur : les hétérosides cardiotoniques pouvant entraîner des convulsions jusqu’à l’arrêt cardiaque⁵. Attention à ne pas confondre ses feuilles avec celles de la consoude officinale (Symphytum officinale), de la bourrache (Borago officinalis) ou de la bardane (Arctium spp.), qui sont parfois consommés⁶

L’œnanthe safranée (Oenanthe crocata)

L’oenanthe safranée, qui pousse dans les prairies humides et le long des cours d’eau⁹ fait partie de la famille des Apiacées, dans laquelle on trouve aussi de bonnes comestibles dont la berce commune (Heracleum sphondylium), la carotte sauvage (Daucus carota) ou le cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris). Le risque de confusion peut être mortel, non seulement pour les humains mais aussi pour certains animaux comme les chevaux et les vaches⁵,¹⁰. Les intoxications peuvent être graves⁶ et nécessitent une hospitalisation rapide¹¹. Attention aussi à 3 autres espèces qui lui ressemblent et qui sont elles aussi très dangereuse et parfois mortelles : la petite ciguë (Aethusa cynapium), la grande ciguë (Conium maculatum) et la ciguë vireuse (Cicuta virosa). 

L’aconit napel (Aconitum napellus)

L’aconit napel est une plante montagnarde que l’on rencontre dans les milieux humides, très rarement en plaine⁸. Elle fleurit durant l’été, et on la reconnaît à ses inflorescences en grappe composées de fleurs bleu-violettes en forme de casque romain, ainsi qu’à ses feuilles palmatiséquées. Un petit fragment de cette plante peut être fatal, car la plante contient de l’aconitine, un alcaloïde très toxique⁵. Les intoxications sont graves, et parfois sans issues⁶.

La vérâtre blanc (Veratrum album)

Voici une autre plante montagnarde¹² toxique, le vérâtre blanc aux allures de gentiane jaune (Gentiana lutea) qui prête à confusion et cause ainsi de graves intoxications¹³. Les principales victimes sont des adultes utilisant la racine à des fins médicinales ou en vue de préparer les fameux apéritifs, vins et liqueur de gentiane, qui se transforment alors en véritables poisons⁶. Les feuilles du vérâtre blanc sont alternes et ses fleurs d’un blanc verdâtre contrairement à la gentiane jaune qui a des feuilles opposées et des fleurs jaunes disposées en verticille le long de la tige. 

La belladone (Atropa belladona)

La belladone est une plante forestière, que l’on rencontre aussi parfois dans les friches⁸. Elle partage les mêmes molécules toxiques que le datura, dont l’atropine. Elle présente, si on l’ingère, des symptômes similaires avec potentiels délires et hallucinations³,. Les fruits prennent l’apparence de grosses baies noires et luisantes, ils peuvent prêter à confusion avec les myrtilles (Vaccinium myrtillus) ou les cassis (Ribes nigrum) et ont donné lieu à de graves intoxications⁶.

Les daphnées (Daphne spp.)

Le bois joli (Daphne mezererum), aussi appelé “bois gentil” porte mal son deuxième petit nom, car toute la plante est vénéneuse⁵,¹⁴. Le parfum délicat de ses jolies fleurs violettes visibles au printemps dans les sous-bois en font un arbrisseau ornemental apprécié et populaire¹⁵. Celui-ci pose cependant certains risques, en particulier pour les enfants⁴ : les baies rouges sont attractives mais heureusement âpres et désagréables en bouche⁴,¹⁵ ce qui évite souvent d’aggraver l’intoxication, qui peut être mortelle. La sève est très irritante au contact avec la peau et peut provoquer des rougeurs voire des vésicules douloureuses⁴,. Une autre espèce du même genre, le laurier purgatif (Daphne laureolum) qui est commun dans nos forêts, est également très toxique⁵

Le laurier rose (Nerium oleander)

Le laurier rose est une plante très rare à l’état sauvage en France, cantonnée à la Corse et à la Côte d’Azur. La beauté de ses fleurs et son feuillage persistant en font cependant une plante ornementale commune des jardins. Sa toxicité est reconnue depuis l’Antiquité¹⁶, l’ingestion de feuilles ou fleurs par les enfants ou par les adultes est responsable de nombreux appels au Centre antipoison, et certains cas sont très graves⁶. En effet, toute la plante contient des molécules toxiques proches de celles de la digitale : des hétérosides cardiotoniques qui peuvent entraîner la mort dans les 2 à 3 h qui suivent⁵.

L’if (Taxus baccata)

Cet arbre planté dans les parcs et jardins est un conifère dont les épines ressemblent à celles du sapin (Abies alba) et à l’épicéa (Picea abies), mais gare à ne pas faire de sirop avec l’if car les conséquences en seraient dramatiques. Son écorce est écailleuse et ses aiguilles assez molles. Toute la plante, excepté l’arille, est dangereuse : elle contient des alcaloïdes toxiques : les taxines⁴,,¹⁷. Suicides, meurtres, poisons pour flèche, la toxicité de l’if est historiquement renseignée⁴. Les symptômes font froid dans le dos…en effet, la mort peut survenir en un laps de temps rapide, quelques petites heures après ingestion d’écorce ou d’aiguilles⁴,¹⁷.

En conclusion

La méconnaissance de la toxicité de certaines plantes entraîne des intoxications qui peuvent, pour certaines espèces, être graves voire mortelles !

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FAQ – Questions fréquentes sur les plantes toxiques les plus dangereuses

Quelles sont les plantes les plus toxiques en France ?

Les plantes les plus toxiques en France incluent notamment le colchique d’automne, le datura, la digitale, l’aconit napel, l’oenanthe safranée, le vérâtre blanc, la belladone, les daphnés, le laurier rose et l’if. Certaines peuvent provoquer des intoxications graves, voire mortelles, même en petite quantité.

Quelles est la plante la plus dangereuse en France ?

Le colchique d’automne est considéré comme l’une des plantes les plus dangereuses en France. Il est responsable de nombreuses intoxications graves chaque année, notamment à cause de sa confusion fréquente avec l’ail des ours.

Comment reconnaître une plante toxique ?

Il n’est pas toujours possible de reconnaître une plante toxique à l’œil nu. Certaines ressemblent fortement à des plantes comestibles (ex : colchique vs ail des ours, vérâtre blanc vs gentiane). En cas de doute, il est recommandé de ne jamais consommer une plante sauvage non identifiée avec certitude.

Quels sont les symptômes d’une intoxication par une plante ?

Les symptômes varient selon la plante, mais peuvent inclure :

  • Nausées et vomissements
  • Troubles cardiaques
  • Convulsions
  • Hallucinations
  • Difficultés respiratoires

Dans les cas les plus graves, cela peut entraîner un coma ou un arrêt cardiaque.

Le durata est-il vraiment dangereux ?

Oui, le datura est une plante très toxique. Il est parfois utilisé pour ses effets hallucinogènes, mais les doses sont imprévisibles et peuvent entraîner des délires sévères, une hospitalisation ou des complications graves.

Pour aller plus loin

Nous vous rappelons que la cueillette sauvage comporte des risques, que vous pouvez découvrir ici. Il est indispensable d’être sûr à 100% de vos identifications avant de consommer une plante, quelle qu’elle soit.

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Sources

1. GBIF. Colchicum autumnale L. Global Biodiversity Information Facility. (2023) Disponible sur : https://www.gbif.org/species/2739622.

2. ANSES. Confusion entre colchique et ail des ours : des intoxications parfois mortelles (2022) Disponible sur : https://www.anses.fr/fr/content/actu-confusion-colchique-ail-des-ours.

3. Bruneton, J. Plantes toxiques : Végétaux dangereux pour l’Homme et les animaux Tec & Doc Lavoisier (2005).

4. Frohne, D., Pfänder, H. J. & Anton, R. Plantes à risques : un ouvrage destiné aux pharmaciens, médecins, toxicologues et biologistes Lavoisier Tec & Doc (2009).

5. Wink, M. & Van Wyk, B.-E. Mind-altering and poisonous plants of the world: an illustrated scientific guide Briza Publ (2008).

6. ANSES. Expositions et intoxications accidentelles par des plantes – Étude des cas enregistrés par les Centres antipoison de 2012 à 2021 184 (2025) Disponible sur : https://www.anses.fr/sites/default/files/Toxicovigilance-2022-SA-0042-RA.pdf.

7. Thomas, R., Maillart, M. & Busti, D. Petite flore de France (NE) Belin (2018).

8. Tison, J.-M. & de Foucault, B. Flora Gallica. Flore de France Biotope (2014).

9. Tela Botanica. Oenanthe crocata L. (2026) Disponible sur : https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-44429-synthese.

10. Gish, A. et al. Deux cas, documentés par l’analyse, d’intoxications fatales d’équidés par Oenanthe crocata Toxicol. Anal. Clin. 35, S122‑S123 (2023).

11. Fradin, P. et al. Intoxication volontaire à l’Œnantha crocata J. Eur. Urgences. 18, 33‑36 (2005).

12. GBIF. Veratrum album L. (2026).

13. Cohen, S., Sekhriou, R., Paret, N. & Czerwiec, A. Intoxication par le vérâtre : description d’un cas grave et identification des alcaloïdes contenus dans la plante Toxicol. Anal. Clin. 33, S48 (2021).

14. Nelson, L. S., Shih, R. D., Balick, M. J., Goldfrank, L. R. & Weil, A. Handbook of Poisonous And Injurious Plants Springer-Verlag New York Inc. (2007).

15. Dauncey, E. A. & Larsson, S. Les plantes qui tuent: les végétaux les plus toxiques du monde et leurs stratégies de défense Ulmer (2019).

16. Burrows, G. E. & Tyrl, R. J. Toxic Plants of North America Wiley–Blackwell (2013).

17. Flesch, F. Plantes toxiques : les dangers du retour à la nature Réanimation. 21, 525‑532 (2012).

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