Il est possible de remplacer le thé noir classique par une préparation à base de feuilles de ronce. Cette méthode permet d’obtenir une infusion très proche, issue d’une plante sauvage commune : les ronciers du groupe Rubus fruticosus agg.
Ce groupe rassemble environ 700 micro-espèces, toutes utilisables indifféremment pour cette préparation.
La cueillette des feuilles de ronce
Les feuilles peuvent être récoltées à partir du mois d’avril, lorsqu’elles atteignent leur taille adulte tout en restant jeunes et tendres. Elles peuvent être utilisées jusqu’à la fin de l’été. Les feuilles trop abîmées ou en mauvais état, notamment en hiver, sont à éviter.
La cueillette demande de la prudence en raison des aiguillons. Il est possible de couper les feuilles à la main, en passant par la tige là où il n’y a pas d’aiguillon, ou d’utiliser un couteau ou des gants pour éviter les blessures.
Étape 1 : Le flétrissage
Les feuilles sont d’abord étalées en couche fine et laissées à sécher pendant environ 10 à 20 heures.
L’objectif est d’obtenir des feuilles flétries mais encore souples. Si elles deviennent cassantes, elles sont trop sèches et ne conviennent plus à la préparation.
Étape 2 : Le meurtrage
Une fois flétries, les feuilles sont malaxées à la main pendant environ deux à trois minutes. Cette étape consiste à les écraser pour casser les cellules végétales.
Ce processus met en contact une enzyme (PPO) avec les polyphénols présents dans la plante. En présence d’oxygène, cela provoque une oxydation naturelle, responsable du noircissement des feuilles. Ce phénomène est similaire à celui observé dans la fabrication du thé noir à partir de Camellia sinensis ou lorsqu’une pomme noircit après avoir été coupée.
Étape 3 : L’oxydation
Les feuilles malaxées sont ensuite placées dans un torchon, bien serré, afin de maintenir l’humidité. Le tissu peut être légèrement humidifié à l’extérieur pour éviter le dessèchement.
L’ensemble est laissé à température ambiante (idéalement entre 20 et 25°C) pendant 6 à 24 heures. Plus le temps d’oxydation est long, plus le goût sera développé. Il est essentiel que les feuilles restent humides durant cette étape, sinon le processus s’interrompt.
Étape 4 : Le séchage
Après oxydation, les feuilles sont séchées au four à basse température (50 à 60°C maximum), avec la porte entrouverte pour laisser l’humidité s’échapper.
Un déshydrateur ou un séchage près d’une source de chaleur douce comme un radiateur peuvent également être utilisés.
Les feuilles doivent être disposées en une seule couche afin de sécher uniformément. Le séchage est terminé lorsque les feuilles deviennent cassantes.
Utilisation finale
Une fois séchées, les feuilles de ronce peuvent être conservées comme du thé noir classique et infusées de la même manière. Plus le temps d’infusion est long, plus la boisson sera aromatique.
Variantes possibles
Cette méthode peut également être appliquée à d’autres plantes, notamment différentes espèces de ronces ainsi que l’épilobe en épi (Epilobium angustifolium), avec le même protocole de transformation.
Dégustation et retour d’expérience
Après infusion, la boisson obtenue présente une couleur soutenue et des arômes proches de certains thés noirs fumés, avec des notes douces et légèrement fruitées.
Cette préparation offre une alternative intéressante au thé traditionnel, issue directement de la cueillette sauvage.
FAQ – Questions fréquentes sur le thé de ronces
– Peut-on utiliser toutes les feuilles de ronce ?
Oui, les feuilles des différentes micro-espèces du groupe Rubus fruticosus agg. peuvent être utilisées indifféremment.
– À quelle période cueillir les feuilles ?
Idéalement entre avril et la fin de l’été, lorsqu’elles sont jeunes mais déjà bien développées.
– Faut-il obligatoirement faire toutes les étapes ?
Oui, le flétrissage, le meurtrage, l’oxydation et le séchage sont essentiels pour obtenir un résultat proche du thé noir.
– Combien de temps dure l’oxydation ?
Entre 6 et 24 heures, selon l’intensité de goût souhaitée.
– Peut-on utiliser d’autres plantes que la ronce ?
Oui, la même méthode peut être appliquée à l’épilobe en épi (Epilobium angustifolium) et à certaines autres espèces proches.
Pour aller plus loin
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