Pour beaucoup, le printemps commence en mars. Pourtant, dès le début février, la nature amorce déjà son réveil. La sève remonte dans les arbres, notamment celle du bouleau : l’eau du sol, aspirée par les racines, recommence à circuler. Les premières jeunes pousses apparaissent, certaines plantes fleurissent, et il est encore possible de récolter quelques racines ou fruits tardifs.
C’est une période d’abondance discrète mais précieuse pour qui sait observer. Voici une sélection de plantes sauvages comestibles et médicinales à accueillir au tout début du printemps.
L’aubépine, aussi appelée épine blanche en raison de son écorce claire, est un arbuste épineux dont les jeunes feuilles se consomment au début du printemps. On la distingue du prunelier (épine noire) à son écorce plus sombre.
Ses feuilles sont simples, lobées et dentées. Elles sont particulièrement agréables à consommer lorsqu’elles sont encore jeunes, juste avant ou au moment de l’apparition des boutons floraux. Ces boutons, tout comme les fleurs, sont également comestibles. On peut les manger crues, directement cueillies, ou les cuire légèrement. Leur texture tendre et leur saveur délicate en font une excellente introduction à la cueillette printanière.
Le cerfeuil des bois, de la famille des Apiacées (anciennement ombellifères), est très abondant au printemps. La partie la plus intéressante à récolter est sa jeune tige, encore souple, au goût subtil situé entre la carotte et le fenouil.
Il est essentiel de le cueillir au bon stade, car cette famille comprend plusieurs espèces mortelles comme la grande ciguë ou la petite ciguë. Un repère important : ces plantes toxiques sont glabres, sans poils. Le cerfeuil des bois présente quant à lui des caractéristiques distinctives qui, bien observées, limitent les risques de confusion.
Outre la tige, les jeunes feuilles, les inflorescences encore en gaine, les fleurs et même les très jeunes fruits peuvent être consommés. Seule la racine n’est pas utilisée.
L’ortie dioïque et le lamier blanc poussent souvent côte à côte. Si l’ortie pique, le lamier blanc ne provoque aucune irritation.
L’ortie est une plante exceptionnelle sur le plan nutritionnel : très riche en minéraux, en vitamines et pouvant contenir jusqu’à 40 % de protéines sur poids sec au printemps, elle constitue un excellent aliment, notamment pour celles et ceux qui réduisent leur consommation de viande.
Le lamier blanc, quant à lui, se cueille en fleurs pour ses propriétés médicinales. Les sommités fleuries sont traditionnellement utilisées pour les affections respiratoires comme les bronchites, et en usage externe pour favoriser la cicatrisation des petites plaies ou soulager certaines irritations cutanées. En cuisine, il peut surprendre : intégré dans une préparation salée, il évoque parfois le goût des épinards.
Le lamier pourpre appartient à la même famille que le lamier blanc, celle des Lamiacées. Il se reconnaît à ses petites fleurs pourpres et à ses feuilles regroupées vers le sommet de la tige.
Comestible, il peut être consommé cru ou cuit. Les jeunes têtes sont les plus intéressantes : tendres, parfois légèrement amères, elles développent souvent des arômes végétaux qui évoluent vers une note évoquant le champignon. Revenues à la poêle, elles peuvent devenir croustillantes.
Comme beaucoup de Lamiacées, il présente une tige carrée, des feuilles opposées et souvent des poils. Cette famille contient très peu d’espèces toxiques, ce qui en fait un groupe intéressant à explorer avec prudence et méthode.
La violette odorante est une fleur emblématique du printemps. Très parfumée, elle est connue pour ses bonbons et son sirop.
Les fleurs se prêtent parfaitement à la confection d’un sirop maison : une infusion légère, filtrée puis sucrée et brièvement portée à ébullition permet d’obtenir une préparation d’un violet profond. Ce sirop peut accompagner desserts, yaourts, salades de fruits ou cocktails.
Les jeunes feuilles, tendres au printemps, se consomment crues ou cuites. Fleurs et feuilles possèdent également des propriétés intéressantes pour apaiser la toux et les affections bronchiques.
Le gaillet gratteron est facilement reconnaissable à ses petits poils crochus qui lui permettent de s’accrocher aux vêtements… et aux autres plantes. Ses feuilles sont disposées en verticilles autour d’une tige souvent quadrangulaire.
Au printemps, ses jeunes pousses ont un léger goût de petit pois. Elles peuvent être consommées crues, en soupe, en beignets ou en jus. Sur le plan médicinal, le gaillet est réputé pour son action diurétique et son intérêt dans la prévention des calculs rénaux ou en soutien lors de douleurs articulaires.
Plus tard en saison, ses fruits secs peuvent être torréfiés pour obtenir un succédané de café.
La primevère officinale, aussi appelé coucou, illumine les prairies de ses fleurs jaune orangé.
Ses jeunes feuilles peuvent être ajoutées aux salades ou aux soupes, tandis que les fleurs s’utilisent en infusion, en gelée ou pour aromatiser des desserts. Sur le plan médicinal, elles sont traditionnellement employées pour soulager la toux.
La cardamine hérissée appartient à la famille des Brassicacées, comme le chou ou le cresson. Elle développe un goût légèrement piquant, rappelant justement le cresson.
Feuilles, tiges, fleurs et jeunes fruits sont comestibles. Elle relève agréablement une salade ou un fromage frais, qu’il soit d’origine animale ou végétale.
Le cirse des champs est souvent perçu comme un chardon piquant. Pourtant, au tout début du printemps, lorsqu’il est encore jeune, il ne pique pas et peut être consommé cru, finement émincé, ou légèrement cuit.
Sa saveur rappelle celle de l’artichaut. Plus tard en saison, lorsqu’il devient plus coriace et épineux, il reste possible de l’utiliser à condition d’adapter la préparation, notamment en le mixant ou en le cuisant.
Pour aller plus loin
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