Lorsqu’on cherche des informations sur les plantes médicinales, il est facile de trouver de nombreuses affirmations : telle plante serait bonne pour la digestion, telle autre aiderait à soulager les douleurs ou encore favoriserait le sommeil. Mais une question essentielle mérite d’être posée : sur quoi reposent réellement ces informations ?
Entre traditions populaires, expériences personnelles, livres spécialisés et études scientifiques, toutes les sources ne se valent pas. Pour distinguer les usages documentés des simples affirmations, il est essentiel de savoir comment une information a été obtenue et quel niveau de preuve la soutient.
Pour en savoir plus sur nos méthodes de travail direction cet article !

Des sources fiables pour documenter les propriétés des plantes
Pour rédiger une fiche consacrée à une plante médicinale, la première étape consiste à sélectionner des espèces accessibles et susceptibles d’être utilisées par le plus grand nombre.
Il faut ensuite vérifier que les propriétés médicinales qui leur sont attribuées reposent sur des données suffisamment solides. Parmi les références consultées figure notamment l’Agence européenne des médicaments (EMA).
Cette agence dispose d’un comité spécialisé dans les médicaments à base de plantes : le HMPC (Committee on Herbal Medicinal Products). Ses travaux constituent une référence particulièrement intéressante, notamment parce que les informations publiées sont accessibles, vérifiables et régulièrement actualisées.
Mais l’EMA n’est pas la seule source utilisée. Pour croiser les informations, il est également possible de consulter :
- des publications et bases de données scientifiques ;
- des ouvrages consacrés à la chimie et aux constituants des végétaux ;
- des ouvrages historiques sur les usages des plantes ;
- des documents et archives provenant d’autorités sanitaires.
Croiser les sources permet ainsi de prendre du recul et d’éviter de s’appuyer sur une seule information isolée.
Usage traditionnel et efficacité : deux choses différentes
Lorsqu’on lit un ouvrage ou un article consacré aux plantes médicinales, on peut être tenté de faire confiance à son auteur en fonction de son titre ou de sa profession.
Pourtant, être médecin, pharmacien, ingénieur ou posséder un autre diplôme ne garantit pas nécessairement que chaque affirmation publiée soit exacte ou suffisamment documentée.
Ce qui compte avant tout, c’est la méthode utilisée pour parvenir aux conclusions.
Quelques questions peuvent aider à évaluer une information :
- Les sources sont-elles clairement citées ?
- Peut-on retrouver les études mentionnées ?
- Les résultats ont-ils été reproduits ou confirmés par d’autres chercheurs ?
- Le niveau de preuve est-il précisé ?
- Les éventuelles limites ou précautions sont-elles mentionnées ?
Une information sérieuse doit donc pouvoir être vérifiée et replacée dans son contexte.
Quatre niveaux pour hiérarchiser la fiabilité des usages
Pour éviter de présenter tous les usages traditionnels comme s’ils avaient le même degré de preuve, il est possible de les classer selon différents niveaux de fiabilité.
1. L’usage bien établi
C’est le niveau de preuve le plus solide.
Il repose notamment sur des données cliniques suffisamment convaincantes, une utilisation ancienne et des conditions de sécurité considérées comme satisfaisantes.
2. L’usage traditionnel plausible
Dans ce cas, les données disponibles sont intéressantes mais moins nombreuses chez l’être humain.
Des recherches peuvent avoir été réalisées sur des animaux ou sur certains composés isolés de la plante. L’usage traditionnel est également suffisamment répandu et aucun problème majeur de sécurité n’est identifié dans les conditions considérées.
3. L’usage traditionnel à justifier
Les données sont encore plus limitées.
La sécurité ou l’efficacité de l’usage n’est pas suffisamment établie et la tradition d’utilisation peut être moins importante. Des résultats expérimentaux peuvent néanmoins justifier la poursuite des recherches.
4. L’usage traditionnel anecdotique
Il s’agit d’usages peu répandus ou très peu documentés.
Dans certains cas, les données disponibles peuvent même être contradictoires avec les affirmations traditionnelles. Ce type d’usage doit donc être présenté avec beaucoup de prudence.
Cette hiérarchisation permet de ne pas mettre sur le même plan une indication solidement documentée et une pratique simplement rapportée dans une tradition locale.
Pourquoi citer ses sources ?
Lorsqu’une fiche présente une propriété ou une indication médicinale, il est important de pouvoir retrouver l’origine de l’information.
C’est pourquoi les références peuvent être indiquées directement dans le contenu, par exemple à l’aide de numéros renvoyant aux sources en bas de page.
Cette méthode présente plusieurs avantages : elle permet au lecteur de vérifier l’information, d’aller plus loin sur un sujet et de comprendre sur quelles données repose une affirmation.
Elle permet également de distinguer plus facilement ce qui relève d’une donnée scientifique, d’un usage traditionnel ou d’une information historique.
Une fiche plante demande un véritable travail de recherche
Derrière une fiche consacrée à une plante médicinale se trouve donc un important travail de recherche, de comparaison et de vérification.
Il ne s’agit pas simplement de rassembler les propriétés attribuées à une plante dans différents ouvrages. Il faut identifier les sources, les comparer, évaluer leur fiabilité et hiérarchiser le niveau de preuve avant de restituer l’information.
Cette démarche permet de proposer des contenus plus précis et plus transparents, tout en rappelant une règle essentielle : une plante médicinale n’est pas automatiquement efficace parce qu’une propriété lui est traditionnellement attribuée.
Pour aller plus loin dans la compréhension des plantes médicinales et de leurs usages, la formation Herboristerie & Phytothérapie du Chemin de la Nature propose justement d’approfondir ces notions et d’apprendre à mieux comprendre les plantes, leurs propriétés et leurs usages.
FAQ – Questions fréquentes sur les plantes médicinales et les sources d’information
Comment savoir si une information sur une plante médicinale est fiable ?
Commencez par vérifier si l’information est accompagnée de références précises. Une source fiable doit permettre de retrouver les données sur lesquelles repose l’affirmation et, idéalement, de comparer plusieurs références.
Une plante utilisée depuis des siècles est-elle forcément efficace ?
Non. L’ancienneté d’un usage témoigne d’une tradition, mais elle ne constitue pas à elle seule une preuve d’efficacité. Les effets attribués à une plante doivent être évalués à partir des données disponibles.
Où trouver des informations sérieuses sur les plantes médicinales ?
Les publications des autorités sanitaires, les bases de données scientifiques et les ouvrages spécialisés constituent de bonnes pistes. L’Agence européenne des médicaments fait notamment partie des références pouvant être consultées pour les plantes médicinales.
Pourquoi certaines plantes ont-elles plusieurs niveaux de preuve ?
Les connaissances disponibles peuvent être très différentes d’une plante à l’autre : certaines indications ont fait l’objet d’études chez l’humain, tandis que d’autres reposent principalement sur des données expérimentales ou des usages traditionnels. Les niveaux de preuve permettent de refléter ces différences.
Peut-on utiliser une plante médicinale sans connaître ses précautions d’emploi ?
Il est préférable de se renseigner avant toute utilisation. Une plante peut avoir des contre-indications, des effets indésirables ou des interactions avec certains médicaments. La connaissance de ses propriétés doit donc toujours être accompagnée d’une attention portée à sa sécurité.
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