Renouée des oiseaux : identification, bienfaits, comestibilité et utilisations

Renouée des oiseaux : identification, bienfaits, comestibilité et utilisations

La renouée des oiseaux (Polygonum aviculare) est une plante sauvage très commune en Europe, que l’on rencontre aussi bien dans les prairies que dans les fissures des trottoirs ou les petits murets. Assez résistante à la sécheresse, elle se reconnaît à ses tiges fines et rampantes, ses petites feuilles ovales et ses fleurs discrètes (1).

Comestible, la renouée des oiseaux peut se cuisiner comme les épinards, se consommer en salade ou s’utiliser dans différentes préparations (2). Elle possède également une longue histoire d’utilisation dans la pharmacopée européenne, notamment pour soulager certains symptômes du rhume et les petites inflammations de la bouche et de la gorge (3).

Comment reconnaître la renouée des oiseaux ? Quelles parties peut-on manger ? Quels sont ses usages médicinaux traditionnels et ses contre-indications ?

Pour consulter cette vidéo, veuillez accepter l'utilisation des cookies.

Comment reconnaître la renouée des oiseaux (Polygonum aviculare) ?

La renouée des oiseaux est une petite plante de la famille des polygonacées, caractérisée par un port généralement rampant (4). Malgré ses tiges fines, elle peut atteindre presque 1 m de longueur.

Plusieurs caractères permettent de l’identifier :

  • L’ocréa : petite structure membraneuse, plus ou moins translucide, blanche à brune, présente à la base des feuilles et entourant la tige.
  • Les feuilles : présentes sur la tige, sans rosette à la base, ovales, vertes, avec un pétiole court.
  • Les fleurs : petites et discrètes, blanches et vertes. Elles apparaissent à l’aisselle des feuilles.

L’ocréa : un caractère essentiel pour identifier la renouée des oiseaux

L’ocréa est formé par des stipules fusionnés, de petits appendices situés à la base des feuilles.

On retrouve également des ocréas chez les autres plantes de la famille des polygonacées, comme la renouée du Japon (Reynoutria japonica), l’oseille sauvage (Rumex acetosa) ou la renouée poivre-d’eau (Persicaria hydropiper).

Où pousse la renouée des oiseaux ?

La renouée des oiseaux est une plante très commune en Europe. Elle se rencontre dans des milieux variés, sur des sols plutôt riches en nutriments.

On peut notamment l’observer dans les prairies, sur les trottoirs, en bord de mer, dans les champs, dans les jardins (1).

Merci !

Votre inscription a été enregistrée

Initiez-vous à la cueillette des plantes sauvages !

Recevez gratuitement notre mini-formation par e-mail pour découvrir nos 6 plantes préférées, leurs usages et nos conseils de cueillette.

Recevez gratuitement notre mini-formation par e-mail pour découvrir nos 6 plantes préférées.

Comment manger la renouée des oiseaux ?

Lorsque la renouée des oiseaux est jeune, notamment au printemps, ses tiges sont encore tendres. Il est alors possible de consommer les parties aériennes entières, crues ou cuites.

Avec le temps, les tiges deviennent plus dures et fibreuses. Il est alors préférable de ne récolter que les feuilles.

Un moyen simple d’évaluer leur tendreté consiste à essayer de casser une tige : si elle se casse facilement, elle est encore suffisamment tendre. Dans le cas contraire, sa texture fibreuse peut la rendre moins agréable à manger et potentiellement moins bien tolérée sur le plan digestif.

Comment cuisiner la renouée des oiseaux ?

La renouée des oiseaux se prête à de nombreuses préparations. Ses feuilles peuvent être cuisinées à la poêle, comme des épinards, ou ajoutées crues en petite quantité dans une salade.

Elle peut également entrer dans la composition de soupes, de mélanges de plantes sauvages, de chaussons, de tartes ou de quiches.

Peut-on manger les graines de renouée des oiseaux ?

Les graines de la renouée des oiseaux sont également comestibles. De forme polygonale, elles peuvent être utilisées d’une manière comparable au sarrasin, qui appartient lui aussi à la famille des polygonacées.

Elles sont cependant beaucoup plus petites, ce qui rend leur récolte relativement fastidieuse.

Lorsqu’elles sont bien développées et que la plante commence à sécher, il est possible de récolter les tiges portant les fruits, puis de les secouer dans un sac pour récupérer les graines.

C’est d’ailleurs à ces petits fruits secs, appréciés des oiseaux, que la renouée des oiseaux semble devoir son nom (5).

Renouée des oiseaux et acide oxalique : quelles précautions prendre ?

Comme d’autres plantes de la famille des polygonacées, la renouée des oiseaux contient une petite quantité d’acide oxalique. Cette substance impose de ne consommer la renouée qu’en quantités modérées, au même titre que l’épinard (6).

Sa consommation est déconseillée aux personnes souffrant de troubles rénaux, notamment d’insuffisance rénale ou de calculs rénaux récurrents.

Les personnes présentant des problèmes ostéo-articulaires, comme l’arthrose ou l’arthrite, sont également invitées à limiter leur consommation.

Comment réduire la teneur en acide oxalique de la renouée des oiseaux ?

L’acide oxalique étant soluble dans l’eau, il est possible d’en réduire la quantité en faisant tremper la plante dans l’eau ou en la faisant bouillir, avant de jeter l’eau et de la cuisiner.

Cette préparation ne garantit toutefois pas son élimination complète et ne supprime donc pas les précautions liées à sa consommation (7).

Quels sont les bienfaits et les propriétés médicinales de la renouée des oiseaux ?

La renouée des oiseaux possède une longue histoire d’utilisation dans la pharmacopée européenne. L’Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaît certains de ses usages dans le cadre de la médecine traditionnelle, sur la base de plus de trente ans d’utilisation en Europe.

Cette reconnaissance ne signifie toutefois pas que son efficacité a été scientifiquement démontrée. Les données cliniques disponibles ne permettent pas d’établir avec certitude ses propriétés médicinales.

La tisane de renouée des oiseaux contre les symptômes du rhume

En usage traditionnel, la renouée des oiseaux est employée en tisane pour soulager les symptômes du rhume.

La préparation consiste à utiliser environ 2 g de plante par tasse, à boire trois fois par jour (8).

La décoction pour la bouche, la gorge et les troubles urinaires mineurs

La renouée des oiseaux est également utilisée traditionnellement en usage local, sous forme de gargarismes, pour soulager les inflammations légères de la bouche et de la gorge. Ingérée, elle serait utile en cas de troubles urinaires mineurs.

On l’utilise en gargarismes à raison de 1,5 g de plante sèche morcelée dans 200 à 250 ml d’eau, 4 à 5 fois par jour. En interne, c’est à raison 3 g de plante sèche morcelée dans 200 ml d’eau, 2 fois par jour (8).

FAQ – Questions fréquentes sur la renouée des oiseaux

Comment identifier la renouée des oiseaux ?

La renouée des oiseaux se reconnaît à l’ocréa à la base des feuilles, son port rampant, ses tiges fines et ramifiées, ses petites feuilles ovales et alternes, ainsi qu’à ses fleurs discrètes situées à l’aisselle des feuilles.

Peut-on manger la renouée des oiseaux crue ?

Oui, les jeunes parties tendres de la renouée des oiseaux peuvent être consommées crues, notamment en salade. Les tiges deviennent fibreuses avec le temps.

Quelles parties de la renouée des oiseaux sont comestibles ?

Les feuilles, les jeunes tiges et les graines sont comestibles. Les parties aériennes peuvent être consommées entières lorsqu’elles sont tendres. Les graines, beaucoup plus petites que celles du sarrasin, peuvent également être récoltées et utilisées en cuisine.

Quels sont les bienfaits de la renouée des oiseaux ?

La renouée des oiseaux est traditionnellement utilisée pour soulager les symptômes du rhume, les inflammations mineures de la bouche et de la gorge et les troubles urinaires mineurs. Ces usages sont reconnus comme traditionnels par l’Agence européenne des médicaments, mais leur efficacité n’est pas établie avec certitude par des études cliniques.

La renouée des oiseaux contient-elle de l’acide oxalique ?

Oui, comme d’autres polygonacées, la renouée des oiseaux contient de l’acide oxalique. Il faut la consommation avec autant de modération que pour les épinards.

Pour aller plus loin

Nous vous rappelons que la cueillette sauvage comporte des risques, que vous pouvez découvrir ici. Il est indispensable d’être sûr à 100% de vos identifications avant de consommer une plante, quelle qu’elle soit.

Pour apprendre à cueillir 6 plantes sauvages faciles à trouver et à identifier, découvrez notre newsletter gratuite.

Pour en savoir plus sur les plantes citées, vous pouvez consulter nos vidéos Youtube.

Et pour vous lancer dans des formations en ligne sérieuses et pédagogiques sur ces sujets, rendez-vous sur la page de nos formations. Vous pouvez tester nos plateformes au travers de la démo de la formation du cueilleur. L’inscription est gratuite !

La formation du cueilleur

Je découvre la formation

Sources

  1. Chytrý, M. et al. FloraVeg . EU — An online database of European vegetation, habitats and flora. Appl. Veg. Sci. 27, e12798 (2024).
  2. Gori, B. et al. A comprehensive checklist of Mediterranean wild edible plants: Diversity, traditional uses, and knowledge gaps. PLANTS PEOPLE PLANET. ppp3.70137 (2025).
  3. BHMA. A guide to traditional herbal medicines. British Herbal Medicine Association (2003).
  4. Poland, J. et al. The Vegetative Key to the British Flora. Botanical Society of the British Isles (2020).
  5. Chauvet, M. Etymologia botanica, dictionnaire des noms latins des plantes. Biotope Editions (2024).
  6. Bruneton, J. Plantes toxiques : Végétaux dangereux pour l’Homme et les animaux. Lavoisier (2005).
  7. López-Moreno, M., Garcés-Rimón, M. & Miguel, M. Antinutrients: Lectins, goitrogens, phytates and oxalates, friends or foe?. J. Funct. Foods. 89, 104938 (2022).
  8. EMA. Search | European Medicines Agency (EMA). European Medicines Agency. (2026) Disponible sur : https://www.ema.europa.eu/en/search.