La consoude officinale est une plante médicinale aux propriétés reconnues, mais elle présente aussi des zones d’ombre.
Avant de l’utiliser, il est essentiel de savoir l’identifier correctement, de connaître les confusions possibles et de comprendre ses précautions d’emploi.
Comment identifier la consoude officinale ?
La consoude officinale, dont le nom scientifique est Symphytum officinale, appartient à la famille des boraginacées.
Elle pousse principalement dans les milieux humides : au bord des fossés, le long des ruisseaux ou dans les prairies humides. C’est une plante qui aime l’eau.
Un premier critère important pour l’identifier est son toucher. La plante est rêche : lorsqu’on touche ses feuilles ou sa tige, on sent nettement les poils rugueux. Ces poils permettent même à la plante de s’accrocher aux vêtements.
C’est un caractère utile à observer : si vous prenez une feuille de consoude et que vous la posez sur vos vêtements, elle s’accroche. Ce détail peut aider à ne pas la confondre avec certaines plantes dangereuses.
Autre critère d’identification : le limbe de la feuille se prolonge sur la tige jusqu’à la feuille située en dessous. Cela donne l’impression d’une tige ailée. On parle alors de feuilles décurrentes.
Les fleurs de la consoude officinale
La plupart du temps, les fleurs de la consoude sont roses à violacées. Lorsqu’elles sont jeunes, encore en bouton, elles peuvent être rouge bordeaux.
Les fleurs mesurent au maximum environ 1,5 cm. Elles sont en tube, avec des pétales soudés.
Comme souvent dans la famille des boraginacées, les inflorescences sont scorpioïdes, c’est-à-dire qu’elles évoquent une queue de scorpion. Il s’agit d’une cyme unipare : les fleurs partent uniquement d’un côté. Les premières fleurs s’ouvrent à la base, puis les dernières fleurissent à l’extrémité de l’inflorescence.
C’est aussi une plante très appréciée par de nombreux insectes pollinisateurs.
Attention à la confusion avec la digitale pourpre
Lorsqu’elle est en fleur, il est difficile de se tromper avec la consoude officinale. En revanche, lorsqu’elle est seulement en feuilles, elle peut être confondue avec la digitale pourpre, Digitalis purpurea, une plante mortelle.
Il existe plusieurs différences importantes.
Les feuilles de la consoude sont rêches et peuvent s’accrocher aux vêtements. Les feuilles de la digitale pourpre, elles, ont des poils doux et ne s’accrochent pas aux vêtements.
Les fleurs permettent aussi de les distinguer. Celles de la digitale pourpre sont également en tube, mais elles sont beaucoup plus grosses : elles mesurent environ 4 à 5 cm.
Même avec le critère des poils rêches, une confusion reste possible avec d’autres plantes de la famille des boraginacées, comme la buglosse, le cynoglosse ou la bourrache.
Pour éviter toute erreur, le plus prudent est donc d’attendre que la plante soit en fleur avant de la récolter.
Quelle partie de la consoude utilise-t-on ?
En phytothérapie, la partie utilisée est la racine.
La consoude possède une grosse racine noire, rhizomateuse et assez fragile. Cette racine contient quatre grands types de molécules :
- des alcaloïdes pyrrolizidiniques ;
- de l’allantoïne ;
- des tanins ;
- des mucilages.
Les alcaloïdes pyrrolizidiniques posent problème pour la santé, notamment en raison de leur toxicité pour le foie.
L’allantoïne est considérée comme la molécule cicatrisante clé de la consoude. Les tanins jouent également un rôle important dans la cicatrisation. Les mucilages, eux, ont des propriétés adoucissantes.
Quels sont les usages de la consoude officinale ?
La consoude s’utilise uniquement en usage externe.
Les études cliniques ont montré une efficacité pour aider à cicatriser la peau et les muqueuses, mais aussi pour diminuer les douleurs et les inflammations, notamment au niveau des entorses de chevilles ou des douleurs dorsales aiguës.
Elle peut donc être indiquée, par exemple, en cas :
- d’engelures ;
- de gerçures ;
- de fissures ;
- de douleurs musculaires ;
- de douleurs articulaires ;
- de petits bobos ;
- de petites plaies non ouvertes.
Comment préparer un macérat huileux de consoude ?
Il est possible de préparer un macérat huileux à partir de la racine de consoude.
Pour cela, vous pouvez récolter environ 100 g de racine, puis la couper en fines tranches. Il faut ensuite laisser sécher ces tranches pendant 24 heures.
Placez-les ensuite dans un bocal bien nettoyé et stérilisé au préalable, puis recouvrez avec environ 700 ml d’huile d’olive.
Faites chauffer au bain-marie pendant 2 heures, sans dépasser 70 °C, en remuant régulièrement, environ toutes les 10 minutes.
Filtrez ensuite la préparation, puis versez-la dans des flacons en verre teinté. Conservez-les dans un placard, à l’abri de la lumière.
Ce macérat huileux se conserve environ 1 an, jusqu’à 2 ans maximum.
Comment préparer une alcoolature de consoude ?
L’alcoolature se prépare avec des racines fraîches coupées en petits morceaux.
Le ratio utilisé est de 1 pour 2. Par exemple, pour 100 g de racine fraîche coupée en petits morceaux, ajoutez 200 g d’alcool à environ 55°.
Laissez macérer à l’abri de la lumière pendant environ 3 semaines, en remuant régulièrement. L’idéal est de remuer tous les jours.
Filtrez ensuite la préparation : l’alcoolature est prête.
Pour l’utiliser, diluez une portion d’alcoolature dans une à quatre portions d’eau. Cette préparation peut ensuite être utilisée en compresse.
Toxicité de la consoude : pourquoi faut-il être prudent ?
La consoude contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques. Ces substances sont présentes dans la famille des Boraginacées en général, mais pas seulement : on en trouve aussi, par exemple, dans le séneçon jacobée.
Ces alcaloïdes ont une toxicité pour le foie.
En cas de consommation importante en une seule fois, il peut y avoir un syndrome occlusif : la veine hépatique peut s’obstruer, avec une issue potentiellement fatale.
En cas de consommation régulière de petites quantités, il existe des risques de cancer hépatique.
C’est pour cette raison que la consoude n’est pas recommandée en usage interne, que ce soit pour la manger ou pour ses propriétés médicinales.
Quelles précautions en usage externe ?
Même en usage externe, certaines précautions sont nécessaires.
Par précaution, il est recommandé de ne pas appliquer la consoude sur de trop grandes étendues du corps, ni pendant de longues périodes.
Il est conseillé de ne pas dépasser 4 à 6 semaines d’utilisation par an, ou 10 jours consécutifs.
On évite également son usage chez les femmes enceintes et allaitantes.
Peut-on consommer les feuilles de consoude ?
On trouve beaucoup d’informations sur la consommation des feuilles de consoude. Crues, elles peuvent avoir un goût de concombre. Cuites, elles peuvent rappeler le goût du poisson, d’où le surnom de “sole végétale”.
Goûter une petite quantité une fois de temps en temps n’est pas le principal problème. Ce qui pose vraiment question, c’est la régularité et la répétition.
Par précaution, nous ne recommandons donc pas la consommation de consoude.
La consoude contient-elle de la vitamine B12 ?
On entend parfois dire que la consoude contient de la vitamine B12 et qu’elle pourrait donc être intéressante pour les personnes véganes qui ne consomment pas de produits animaux.
Mais cette vitamine B12 est présente seulement à l’état de trace. Les quantités sont très faibles.
Pour atteindre les quantités quotidiennes recommandées, il faudrait consommer environ 2 kg de consoude par jour, ce qui serait dangereux.
La consoude ne doit donc pas être considérée comme une source intéressante de vitamine B12.
À retenir
La consoude officinale est une plante médicinale intéressante, mais qui doit être utilisée avec prudence.
Pour la reconnaître, on peut observer ses poils rêches, ses feuilles qui s’accrochent aux vêtements, ses feuilles décurrentes et ses fleurs en tube roses à violacées.
Le principal risque de confusion concerne la digitale pourpre, une plante mortelle. En cas de doute, il est préférable d’attendre la floraison avant toute récolte.
En phytothérapie, la partie utilisée est la racine, principalement en usage externe. La consoude peut être préparée sous forme de macérat huileux ou d’alcoolature diluée, mais elle n’est pas recommandée en usage interne en raison de la présence d’alcaloïdes pyrrolizidiniques toxiques pour le foie.
C’est une plante utile, mais qui demande une identification sûre, un usage limité et des précautions claires.
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