Le cresson qu’on trouve dans le commerce est très facile à trouver dans la nature. Les sous-bois deviendront-ils vos supermarchés favoris ? Attention cependant aux risques de cueillette, et notamment à la douve du foie !

Quelques explications complémentaires :

La douve du foie est un vers parasite qui a besoin de deux hôtes pour se reproduire : un ovin/bovin, et un gastéropode aquatique comme la Limnée. Les oeufs se propagent d’abord dans les excréments du bétail, qui doivent arriver dans un cours d’eau, une flaque, un étang pour éclore.
En émergent des larves nageuses qui vont aller coloniser le poumon des Limnées. Une fois installées, les larves deviennent des “rédies”, qui vont se multiplier pendant l’été à l’intérieur de l’escargot et devenir des cercaires, des minis têtards parasites qui nagent jusqu’à une tige proche pour s’y enkyster, jusqu’à se faire manger par un animal… ou accidentellement par l’homme.
Les Limnées sont des gastéropodes amphibies, et passent un peu de temps hors de l’eau en été, pour être quasi systématiquement immergées en automne et en hiver.
Il est donc possible qu’elles escaladent les tiges de cresson et laissent des parasites, mais les cercaires ont besoin d’un milieu humide pour être libérées. Le risque viendrait donc plutôt de l’eau, si le cresson est inondé, immergé, ou aspergé par l’eau d’un bassin contaminé.

Aujourd’hui seules quelques zones en France sont exposées à la douve du foie, et les cultures agricoles sont très contrôlées pour ce parasite.
Les risques en prenant le sommet des pieds de cresson en pleine forêt et sans bétail, paraît donc limité… mais le risque zéro n’existe pas. Concernant la résistance des cercaires, la seule méthode pour en venir à bout est une bonne cuisson, à plus de 50°C. Le lavage, le vinaigre, ou toute autre méthode est pas ou peu efficace. Autrement les cercaires peuvent rester plusieurs mois sur la plante. En espérant que ces quelques informations supplémentaires répondent à vos interrogations !