Le bolet bai, Imleria badia, appartient à la famille des Boletaceae, une famille dont la plupart des représentants portent non pas des lames mais des tubes sous le chapeau. Quand on le touche, peu importe où (pied, chapeau…), il bleuit. Comme nombre de ses camarades chez les Boletaceae, il appartient donc à cette catégorie des bolets bleuissants.

Le saviez-vous? Le bleuissement de la chair du bolet bai est souvent associée, à tort, à une toxicité. Ce n’est pourtant qu’une réaction chimique provoquée par l’oxygène de l’air et plus l’air est humide plus la réaction et donc le bleuissement sera intense ! Ce phénomène d’oxydation est le même qui se produit avec la pomme de terre, la poire et la pomme par exemple. Ainsi, ce champignon est souvent écarté de la cueillette faisant alors le bonheur des connaisseurs !

On retrouve le bolet bai un peu partout en Europe pendant la saison des champignons, du début de l’été à la fin de l’automne. Il se retrouve également en montagne, parfois jusqu’à 2000 m! C’est un champignon très commun qui pousse seul ou en groupe de 2-3 individus sur tous les types de sols, sous les résineux et les feuillus, avec une légère préférence pour les bois âgés.

Comment le reconnaître ?

Le chapeau du bolet bai est assez charnu, de couleur beige foncée à marron, il mesure de 4 à 15 cm et a une forme convexe, qui s’aplatit en vieillissant. Le revêtement est velouté et visqueux par temps humide. Les tubes sont de couleur beige à jaune et bleuissent au toucher.
Le pied du bolet bai est fin en comparaison avec d’autres bolets qui ont un pied charnu, il mesure entre 4 à 12,5 cm de haut et entre 0,8 à 4,2 cm de large et ne porte pas d’anneau. Il est de couleur beige-crème et est finement marbré de brun-orangé mais plus pâle que le chapeau.
La chair du bolet bai est beige, elle possède une faible odeur de cèpe et une saveur douce.

Peut-on le consommer ?

Le bolet bai est un bon champignon qui doit être consommé cuit mais qui est souvent laissé de côté parce qu’il bleuit mais ce bleuissement disparaît à la cuisson ! Le bolet bai est très bon, cuisiné dans les recettes de champignons poêlés, au four, bouillis ou au barbecue ! On peut également le faire sécher. Le bolet bai peut cependant accumuler les radioéléments, il faudra donc éviter de le cueillir sur des sites pollués.

Le saviez-vous ? Pour cuisiner au mieux les bolets, il faut enlever les tubes sous le chapeau des vieux individus, les couper en lamelles d’1 cm d’épaisseur environ et les cuire sans les faire se chevaucher.

Peut-on le confondre avec d'autres champignons ?

Ne confondez pas le bolet bai avec le bolet amer (Tylopilus felleus) qui est un champignon non toxique mais très amer et qui peut gâcher tout un plat de champignons comestibles… La différence majeure est qu’il ne bleuit pas et qu’il possède des pores blancs, devenant roses en vieillissant. Il possède aussi un réseau brun-noir bien visible sur le pied, contrairement au bolet bai qui n’en a pas. Sa chair est très amère, n’hésitez pas à goûter un tout petit bout du champignon cru pour être sûr !

Il est possible de confondre parfois le bolet bai avec le bolet à pied rouge (Neoboletus erythropus), même si ce dernier possède des tubes rouge-orangé sous le chapeau, une chair jaune vif et un pied jaune sur lequel il y a des points rouges ! Ce champignon est néanmoins comestible bien cuit, pas de grande inquiétude donc !
Attention également à la confusion avec le bolet Satan (Rubroboletus satanas) qui est toxique au niveau digestif. Celui ci possède un réseau jaune-rouge sur le pied, son chapeau est blanc à gris pâle et il possède une odeur très désagréable de viande avariée. Sa chair bleuit également mais moins rapidement et moins intensément.

Comme toujours lors de vos cueillettes de champignons, en cas de doutes, faites vérifier votre champignon par un pharmacien ou un mycologue ! Surtout ne consommez rien dont vous ne soyez pas sûrs à 256% !!!

Pour découvrir les règles de cueillette des champignons, rendez-vous dans cet article.
Pour consulter d’autres vidéos gratuites sur les champignons, rendez-vous sur notre chaîne Youtube.

Sources :
(1) Les champignons, le grand livre, Anne-Marie Slézec, T.D.S litteral, p.176
(2) Eyssartier, G. & Roux, P. Guide des champignons France et Europe. (Belin, 2017), p.1076.
(3) Govorushko, S., Rezaee, R., Dumanov, J. & Tsatsakis, A. Poisoning associated with the use of mushrooms: A review of the global pattern and main characteristics. Food Chem. Toxicol. 128, 267–279 (2019).