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Règles et précautions pour la cueillette de plantes sauvages

By on 15 janvier 2018

Règles et précautions pour la cueillette de plantes sauvages

 

Bref historique :

Nous étions de grands cueilleurs pendant des centaines de milliers d’années, avant l’arrivée de l’agriculture qui ne date que de dix mille ans environ. La tradition de la cueillette a perduré en parallèle de l’agriculture jusqu’au moyen âge, les riches commencèrent à se nourrir de fruits et de légumes exotiques, de produits raffinés et de viandes. Les plantes sauvages furent de plus en plus considérées comme la nourriture des pauvres, alors qu’aujourd’hui elles suscitent un intérêt grandissant, subliment même les plats des grands chefs et se trouvent à prix d’or sur les marchés.

Les différentes règles de cueillette :

LA PREMIÈRE ET LA PLUS IMPORTANTE RÈGLE DE CUEILLETTE SELON MOI :

– ÊTRE SÛR À 100% D’AVOIR BIEN IDENTIFIÉ LA PLANTE

  • Il n’y a que très peu de plantes mortelles mais il est important de savoir les reconnaître afin d’éviter les confusions (exemple : une gentiane avec un vératre ou dans la famille des « apiacées » on pourrait confondre le cerfeuil des bois avec la grande ciguë). Il est donc judicieux d’apprendre à reconnaître les plantes dangereuses de nos régions.
    cigue

    Grande ciguë

    cerfeuil des bois

    Cerfeuil des bois

  • La meilleure façon de procéder est de se rendre sur le terrain avec des connaisseurs et des livres spécialisés (consultez ici notre sélection d’ouvrages). Commencer seul avec des livres est compliqué et beaucoup de confusions sont possibles.
  • Veiller à ne pas cueillir de plantes rares, dans des zones de végétations spéciales (tourbière…), isolées, en nombre très restreint ou malades.
  • Cueillir délicatement la plante entre l’ongle du pouce et l’index ou avec des ciseaux pour éviter de les déraciner.
  • Cueillir uniquement les parties dont on a besoin en ne prélevant pas plus d’un tiers de la station et en laissant les plants les plus forts pour que leur cycle de vie et de co-évolution avec l’écosystème ne soit pas entravé.
  • Éviter les plantes proches de lieux pollués tels que les bords de routes, décharges, champs ou jardins cultivés en non-bio ainsi que celles qui ne nous paraissent pas saines, recouvertes de champignons ou autres parasites et imperfections)
  • Si la plante entière, avec racine est prélevée, faire une division de racine sur place lorsque c’est possible et la replanter.
  • Cueillir avant les tontes et débroussaillements et aussi lorsqu’une zone va être rasée pour y construire des bâtiments, ou après des tailles de branchages pour récupérer le bois, les bourgeons et parfois les fruits destinés à la décharge.
  • Rentrer en relation avec elles par nos sens, les toucher, les sentir, les observer, les goûter si vous êtes sûr de leur identification et de la propreté du lieu, pour cela c’est toujours plus sûr au dessus de 30 cm environ.
  • En fonction de la zone géographique et de la fréquentation humaine et animale, un nettoyage plus ou moins approfondi sera recommandé si vous voulez les manger crues, au moyen par exemple d’eau vinaigrée, une part de vinaigre pour neuf parts d’eau. Pour augmenter l’efficacité et si la zone est plus fréquentée, une idée serait d’y rajouter une cinquantaine de pulvérisations d’un mélange contenant environ 5 gouttes d’huile essentielle d’Origan compacte, Origanum compactum, pour 200 ml de vinaigre ou mieux d’alcool pure ou à 70 % en veillant cependant à ne pas les laisser tremper trop longtemps pour éviter de perdre trop de vitamines hydrosolubles et à bien rincer. Certains parasites (comme l’échinococcose et la douve du foie) nécessiteraient une cuisson. Il est donc préférable de se renseigner sur les zones à risque, bien que les cas de parasitose soient rares, et que les personnes en contact avec des animaux de compagnie soient les plus exposées à ce type de risques. Sachant que le risque zéro n’existe de toute façon pas, même sur les légumes du marché, il s’agit de rester vigilant, sans pour autant s’angoisser ! Pour éviter les infections en tous genres, il est important de renforcer son terrain, sa vitalité et son système immunitaire par une bonne hygiène de vie.

– QUELS SONT LES RÉELS RISQUES DE LA CUEILLETTE POUR LA SANTÉ ?

En dehors de la toxicité des plantes en elles-mêmes, il y a principalement trois autres risques sanitaires en lien avec la cueillette : la pollution, les parasites et les bactéries, et les tiques.

  • La pollution

Les endroits les plus pollués sont les bords de routes, les chemins de fer, les abords des usines, des champs et jardins cultivés et des décharges. Mais ça n’est pas parce que le lieu est pollué, que la plante va contenir le polluant. Dans le doute, on s’abstiendra de cueillir des ces zones là.

  • Les parasites et les bactéries

Les parasites et les bactéries ne sont pas visibles à l’œil nu. Mais avant toute chose, il s’agit de relativiser, les cas de parasitose sont rares et les personnes en contact avec des animaux de compagnie sont les plus exposées à ce type de risques.

Les parasites dangereux pour l’homme sont peu nombreux. Il y en a deux : l’échinocoque et la douve du foie.

L’Echinococcose est transmise par un tænia appelé échinocoque via les excréments (et non l’urine) du renard mais aussi par ceux du chien ou du chat qui souillent la plante. Il est donc toujours plus sûr de cueillir au dessus de 50 cm environ et dans les zones où il y a le moins de passage. Les symptômes sont de la fièvre et des douleurs abdominales. Le parasite va former des kystes au foie ou dans différents organes.

Le traitement médical se fera pas un antiparasitaire et parfois chirurgical pour enlever les kystes. Les personnes les plus à risque sont les personnes ayant peu de défenses immunitaires et possédant des animaux de compagnie.

Les astuces pour réduire les risques seront de se laver les mains et de vermifuger son chien régulièrement. Il est aussi recommandé de se faire soi-même des cures de vermifuges régulièrement (ail cru, graines de courges…).

Le seul moyen d’éliminer à 100% le risque de se parasiter est de laver puis de cuire sa cueillette !

La douve du foie est un parasite qui se nourrit des cellules et du sang du foie. La transmission se fait par les excréments des ruminants : chèvres, vaches, moutons et parfois chevaux. On évitera donc la cueillette proche de zones de pâturages et des ruisseaux à proximités… Les symptômes se manifestent 3 mois après avec de fortes fièvres et un gros foie douloureux. Le traitement est une cure médicamenteuse antiparasitaire.

Comme pour l’échinocoque, le seul moyen d’éliminer à 100% le risque de se parasiter est de laver puis de cuire sa cueillette !

La Leptospirose est provoquée par une bactérie présente dans les urines des rongeurs (rats, ragondins…) mais aussi d’autres animaux. La bactérie vit dans des milieux humide (eaux stagnantes, mares, cours d’eau…). Les symptômes se manifestent, à partir du 4ème jour jusqu’à 2 semaines après la contamination, par une forte fièvre et des douleurs.

Cette infection qui est assez rare en France, est traitée par un traitement antibiotique.

Cette bactérie sera aussi détruite par la cuisson.

Si vous voulez manger vos plantes sauvages crues, il existe des techniques de nettoyage. Le mieux est de commencer par nettoyer sous le robinet avec la pression du jet pendant plusieurs minutes puis de réaliser un trempage. Soit avec de l’eau vinaigrée (une part de vinaigre pour neuf parts d‘eau) soit avec le mélange « secret » de Christophe (Huile essentielle d’origan compact dans alcool à 90°). Pour cela, remplir un flacon de 100ml avec de l’alcool à 90° et ajouter 10 gouttes d’huile essentielle d’origanum compactum. Pour 1L d’eau de trempage, on mettra 1 cuillère à café du mélange. Il faudra veiller à ne pas les laisser tremper plus de 5mn pour éviter de perdre trop de vitamines et bien rincer après le trempage.

Mais il faut bien retenir qu’aucune ne garantira la destruction des bactéries et des parasites. Ceux-ci seront seulement détruits intégralement par la cuisson !

  • Les tiques

La tique est un acarien vivant dans les zones boisées et humides, mais aussi dans les prairies et parcs, qui s’accroche aux animaux domestiques mais aussi à notre peau. Elle peut nous transmettre une bactérie, la Borrelia, responsable de la Borreliose ou maladie de Lyme, en nous suçant le sang. Cette maladie, difficile à diagnostiquer, peut se manifester par de nombreux symptômes (fièvre, maux de tête, fatigue, gonflement de ganglions, douleurs articulaires et musculaires, pertes de mémoires, dépression, problèmes cardiaques, paralysie faciale…)

Pour prévenir le risque d’infection, avant de partir en balade, il est recommandé de se couvrir les bras, le cou et les chevilles. On pourra aussi utiliser des répulsifs à base d’huiles essentielles à appliquer sur le corps ou les vêtements. Et toujours, inspecter votre corps (notamment les zones de plis : aine, aisselles, derrière les genoux, nuque…) et celui de votre animal de compagnie après une balade.

En cas de morsure, enlever la tique avec un tire-tique, jamais avec les doigts et désinfectez la piqure.

Le premier symptôme à connaître et qui nécessite une consultation médicale est la présence d’une tache rouge en forme de cible et qui a la particularité de s’étendre.

Toutes les tiques ne sont pas porteuses de la borrelia et certaines régions de France sont plus à risque que d’autres. La période la plus à risque a lieu de mai à octobre.

En conclusion, sachant que le risque zéro n’existe de toute façon pas, même sur les légumes du marché, il s’agit de rester vigilant, sans pour autant s’angoisser ! Pour éviter les infections en tous genres, il est important de renforcer son terrain, sa vitalité et son système immunitaire par une bonne hygiène de vie.


LE SAVIEZ-VOUS ?

Même si les plantes ne sont pas protégées, vous n’avez pas forcément le droit de les cueillir.Toutes les terres de France ont un propriétaire, qu’il soit public ou privé. Légalement, tout ce que vous prendrez sur un terrain sans avoir eu l’autorisation du propriétaire est considéré comme un vol.

Pour des cueillettes d’un volume inférieur à 10 litres, vous risquez une contravention forfaitaire de 135€. Au-delà de 10 litres, vous commettez un délit, passible de 45 000€ d’amende et 3 ans de prison ! Rassurez-vous, c’est assez rare.

Pour éviter de mauvaises surprises, vous pouvez aller sur le site geoportail.gouv.fr 

Vous y trouverez :

• Les cartes des zones protégées. Vous pourrez ainsi les éviter plus facilement.

• La carte des parcelles de forêts publiques. En général, les collectivités territoriales acceptent que vous alliez cueillir sur leurs parcelles, tant que vous prélevez des quantités raisonnables et que vous respectez les lieux.

• Les références des parcelles cadastrales. Grâce à ces références, si un lieu vous plaît et que vous souhaitez y cueillir, vous pourrez demander le nom du propriétaire à la mairie ou au service du cadastre et lui demander s’il accepte que vous cueilliez sur son terrain.

Certains propriétaires acceptent très facilement, d’autres refusent catégoriquement, et d’autres encore poseront leurs conditions (saison, horaires, quantité maximale, prix…). Notez que rien n’oblige un propriétaire privé à mettre des panneaux indiquant que son terrain est privé et qu’une absence de panneau n’est en aucun cas une autorisation de cueillir.


Cueillette de racines :

  • Bisannuelles (ex : bardane) automne de la première année, mais acceptable jusqu’au début du redémarrage de printemps avant que les parties aériennes n‘apparaissent.
  • Vivaces (grande aunée, valériane), automne à partir de la 2ème ou 3ème année, mais acceptable au printemps avant que les parties aériennes n’apparaissent, voir en été selon Fournier pour la benoîte par exemple. Pour les vivaces on pourra aussi cueillir au besoin.
  • Versez un ou deux arrosoirs d’eau sur la plante la veille si possible pour rendre la terre plus facile à travailler et pour éviter d’abimer la racine.

Cueillette de fleurs :

  • Les ramasser lorsqu’elles sont à peine ouvertes. Certaines fleurs d’astéracées (arnica, eupatoire, solidage, etc) continuent d’évoluer une fois coupées, donc les ramasser en boutons.

Cueillette de feuilles :

  • Pour l’usage médicinale, se ramassent en général lorsque les sommités commencent à fleurir (présence de composants actifs dans la partie haute de la plante)
  • Pour l’usage alimentaire, privilégier les jeunes feuilles tendres pour une meilleure digestion et des goûts plus agréables.

Nettoyage :

  • Feuilles et fleurs : Étaler sur une claie afin de faire partir les insectes. Ne pas passer à l’eau une fois coupées. Si la plante est vraiment sale, aspergez-la et laissez la sécher quelques jours avant de la couper
  • Racines : laisser tremper dans l’eau pour enlever le plus gros de la terre. Brosser avec une brosse à légumes ou une brosse à dents lorsque délicates puis éponger.

Séchage :

  • Par bouquets têtes en bas.
  • Sur une claie de séchage
  • Sur une grille de pâtisserie
  • Sur des cajettes, que l’on peut empiler les unes sur les autres lorsque l’on manque d’espace.
  • Avec un déshydrateur
  • Sur le radiateur
  • Au four à 40 degré.
  • Dans un lieu assez sec et aéré, à l’abri du soleil, les espèces différentes non mélangées
  • On cueillera les plantes non mouillées et seulement les parties que l’on garde.

Conservation :

  • S’assurer tout d’abord de l’état de déshydratation (la plante doit s’effriter ou être cassante pour les racines)
  • La plante doit être conservée entière (racines en morceaux d’environ 5 cm) et réduite en poudre au besoin soit au dernier moment soit la quantité nécessaire à une cure de maximum 3 semaines. Elle se conservera mieux et cela limitera l’oxydation.
  • Sacs en papier pour une circulation de l’air et l’é́change d’humidité.
  • Bocaux, empêchent l’humidité de rentrer (intéressant pour les plantes riches en mucilages).
  • Bocal transparent est une belle manière de présenter les plantes (mais ne filtre pas les Uvs), on les choisira donc en verre coloré ou opaque.
  • Toujours dans un endroit sec.

Matériel pour une cueillette variée :

  • couteau
  • Sécateur
  • sac en tissu
  •  Scie portable (branches)
  • Pelle portable pour les racines profondes
  • Panier et boites pour les parties fragiles (fleurs de sureau,
    Mûres…)

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